Canada : mini-maisons au pays des grands espaces

Construire une grande maison entourée d’un jardin, au milieu d’une parcelle, tel est le schéma type pour certains ménages canadiens. Mais cette habitude est sur le point de changer. Focus sur le mouvement des mini-maisons ou « Tiny House » , apparu aux Etats-Unis suite à la crise de 2008 dans le but de proposer des maisons plus abordables.

Une mini-maison compte en général moins de 45 mètres carrés, là où la maison traditionnelle canadienne fait 180 mètres carrés. Elle est construite le plus souvent de façon écologique, avec un plan et des matériaux simples. Elle est donc moins coûteuse à construire et à entretenir. Mais les mini-maisons ne sont pas seulement un modèle de conception innovante, elles sont le reflet d’un nouveau mode d’habiter.

 

Le mouvement des mini-maisons permet de réduire l’occupation au sol des logements et ainsi contrer en partie le phénomène d’étalement urbain. En effet, la plupart des projets de mini-maisons sont conçus dans des quartiers éco-responsables, moins énergivores et consommateurs d’espace que des quartiers traditionnels. Mais le Canada est un pays de grands espaces, avec ses 35 millions d’habitants répartis sur 10 millions de km² soit 3,5 habitants au km², en comparaison la France compte environ 100 habitants au km². Ainsi la problématique de densification n’est pas la principale motivation du développement des mini-maisons. Le mouvement progresse car il permet à des familles modestes d’accéder à la propriété avec des logements abordables et adaptés à leurs propres besoins.

 

À Lantier, au Québec, dans la région des Laurentides, à 120 km au nord-ouest de Montréal se dessine un futur quartier de mini-maisons, le hameau des Sources. Conçu par l’entreprise d’économie sociale, Habitat Multi Générations ce futur quartier vise à promouvoir les mini-maisons dans un cadre naturel et coopératif. L’entreprise a imaginé un concept : un projet de développement domiciliaire durable appelé P3D. Il prévoit l’aménagement du quartier en tenant compte du site. La moitié du quartier est préservé dans son état naturel et regroupe des projets collectifs (potagers, jeux, etc), l’autre moitié permet l’implantation des mini-maisons. Permaculture, stationnements regroupés pour les visiteurs, conception éco-énergétique, accessibilité des habitations aux personnes à mobilité réduite, … le hameau des Sources est un projet d’ensemble et co-construit avec les futurs habitants. La municipalité de Lantier se réjouit et espère redonner un nouveau souffle au village avec l’arrivée de jeunes familles. Impliqué dans le mouvement des mini-maisons, le village de 730 habitants a créé en juillet 2015 le festival des mini-maisons afin d’en promouvoir les avantages.

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Une idée qui a fait des émules puisque la ville de La Sarre à 700 km au nord-ouest de Montréal, dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue souhaite développer un quartier de mini-maisons d’ici la fin de l’année 2016.

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Outre la curiosité qu’elles amènent, les mini-maisons sont intéressantes à prendre en compte dans un projet global visant à minimiser l’empreinte sur l’environnement. Elles sont une belle réponse aux appréhensions sur la densité car elles permettent de combiner accession à la propriété et faible superficie au sol.

Article du 26 octobre 2015

Source : www.urbanews.fr

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