Le Corbusier, l’architecte visionnaire

Cinq choses à savoir sur Le Corbusier, l’architecte visionnaire

Fasciste et mégalo pour les uns, génial et précurseur pour les autres, la figure de Le Corbusier continue toujours de diviser l’opinion, plus de cinquante ans après son décès. Créateur du purisme et du brutalisme, ses œuvres, en France comme à l’étranger, témoignent d’un parti pris architectural très audacieux. Le Figaro Immobilier vous propose une sélection de cinq éléments marquants sur l’homme qui est aujourd’hui encore l’emblème de l’architecture moderne.

1. Il n’a jamais obtenu de diplôme d’architecture

Après une formation de graveur-ciseleur puis de peintre suivie à l’École d’art de sa ville natale de La Chaux-de-Fonds, en Suisse, Le Corbusier, de son vrai nom Charles-Édouard Jeanneret-Gris, s’oriente définitivement vers l’architecture et la décoration en 1904. Il n’obtient jamais de diplôme dans cette discipline, et se forme sur le tas grâce à des architectes, comme Auguste Perret, rencontré en 1908, qui lui enseigne la technique de construction en béton armé, à laquelle il restera attaché durant toute sa carrière.

En 1917, Charles-Édouard Jeanneret-Gris quitte la Suisse pour s’installer à Paris, où il fait la connaissance du peintre Amédée Ozenfant avec lequel il théorise le purisme, un courant artistique qui s’inscrit dans la continuité du cubisme. Tous deux fondent l’Esprit Nouveau, revue d’art et d’architecture, dans laquelle Jeanneret-Gris signe pour la première fois sous son célèbre pseudonyme Le Corbusier.

2. Un pionnier du Mouvement moderne

Apparu dans les années 1920, le Mouvement moderne, également appelé Modernisme, exerce une influence majeure sur le travail de nombreux architectes. Il se caractérise par un retour au décor minimal et aux lignes géométriques pures. Les matériaux privilégiés sont alors le verre et le béton pour les façades, l’acier et le béton pour la structure des bâtiments.

Le Corbusier fait figure de précurseur au sein de ce mouvement, et y apporte une importante contribution personnelle. Il pose en effet cinq principes architecturaux: les pilotis (la construction est surélevée pour permettre de libérer le niveau du sol au profit d’un espace de circulation des piétons) ; le plan libre (les murs porteurs sont remplacés par des piliers qui libèrent toute créativité pour aménager l’espace et la circulation) ; la façade libre (la suppression des murs porteurs permet la construction de façades en baies vitrées, fenêtres et murs légers) ; la fenêtre-bandeau (des fenêtres de grande longueur qui offrent une vue panoramique et font entrer la lumière ; et le toit terrasse (un toit plat qui peut servir de solarium, terrain de sport, piscine, toit jardin…).

3. L’unité d’habitation comme remède à la pénurie de logements

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, alors que la France est touchée par une grave pénurie de logements, Le Corbusier développe son concept d’habitat collectif qu’il nomme «unité d’habitation». Il souhaite construire des logements à faible coût et offrir dans un même bâtiment tout ce qu’attendent ses habitants dans leur vie quotidienne: logement, espaces verts et services collectifs. Soucieux de reconstruire la France le plus rapidement possible et au meilleur coût, le ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme, Raoul Dautry, commande en 1945 la première unité d’habitation pour Marseille, qui souffre particulièrement du manque de logements sociaux. En 1952, Le Corbusier inaugure ainsi sa Cité radieuse, véritable laboratoire architectural pour un nouvel habitat.

 

4. Des projets architecturaux acclamés…

La Cité radieuse, située dans le 8e arrondissement de Marseille, devient rapidement un des symboles de la cité phocéenne avec sa façade fait de bétons et ses loggias extérieures colorées. L’immeuble accueille 337 appartements regroupés autour de rues intérieures, ainsi que des commerces et un hôtel de 21 chambres. Le toit offre quant à lui une vue panoramique sur Marseille et la Méditerranée, et abrite depuis 2013 un centre d’art contemporain. Classée aux Monuments historiques depuis 1995, la Cité a été inscrite en 2016 sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, avec sept autres œuvres de l’architecte, comme témoignage du «génie créateur humain».

5. …et d’autres plus controversés

Malgré les nombreuses distinctions, l’architecture de Le Corbusier ne fait pas l’unanimité. Le modèle de l’unité d’habitation, qui a donné naissance aux grands immeubles, est en effet souvent associé aux cités HLM vétustes où se concentrent aujourd’hui les problèmes sociaux. Certains dénoncent également le caractère totalitaire de ses réalisations, ainsi que sa volonté de faire table-rase du passé. En témoigne son «Plan Voisin», un projet fou dans lequel l’architecte prévoyait de raser la rive droite de Paris pour y bâtir 18 gratte-ciels de 60 étages pouvant accueillir jusqu’à 700.000 personnes. Les différents gratte-ciels auraient été reliés par des jardins et de grandes artères autoroutières. Heureusement pour les amoureux du Vieux Paris, le projet n’a jamais abouti.

Le Corbusier reste pourtant une icône indémodable de l’architecture, et une source d’inspiration pour de nombreux architectes, qui voient en lui le créateur de la modernité. De toute évidence, l’homme aura profondément marqué le XXe siècle et bouleversé notre façon d’habiter.

Cinq choses à savoir sur Le Corbusier, l’architecte visionnaire article publié ar Adrien Gicquiau

 

Source : immobilier.lefigaro.fr

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